Historique des syndicats au Canada

  • L’existence de syndicats au Canada remonte au début années 1800. Un document révèle que, durant la Guerre de 1812,  des artisans spécialisés des Maritimes ont créé une organisation de type syndical

  • Très tôt, le syndicalisme canadien établit des liens avec la Grande-Bretagne. Les gens de métier d’origine britannique amenèrent leurs traditions héritées du mouvement syndicaliste britannique. Par ailleurs, de nombreux syndicats établirent des bureaux au Canada. En fin de compte, le syndicalisme canadien s’aligna sur celui des États-Unis d’Amérique.
  • La grève des imprimeurs de Toronto revendiquant la journée de travail de 9 heures en 1872 constitua un tournant dans l’évolution du syndicalisme. À l’époque, toute activité syndicale était illégale et de nombreux chefs syndicaux furent arrêtés. Il s’ensuivit alors de grèves générales qui forcèrent les autorités à retirer les plaintes et à légaliser l’activité syndicale.
  • Une convention nationale qui se déroula en 1873 à Toronto aboutit à la création de la première organisation syndicale. Plus tard, en 1883, cette organisation changea son nom en Congrès des métiers et du travail du Canada qui devint le précurseur de l’actuel Congrès du travail du Canada.
  • Le début des années 1900 vit une importante diversification et intensification des activités syndicales alors que les ouvriers revendiquèrent la journée de travail de 8 heures universelle, une reconnaissance du mouvement syndical et de meilleurs salaires. Entre 1919 et 1920, quelque 375 000 travailleurs participèrent à plus de 1 500 grèves. La plus importante d’entre elles fut la Grève générale de Winnipeg de  1919 qui mobilisa plus de 25 000 ouvriers de Winnipeg. Le gouvernement utilisa des briseurs de grève, la police et l’armée pour réprimer violemment la grève.
  • Le début des années 1900 vit également l’établissement de politiques de travail. En 1921, le Parti communiste du Canada fut fondé et c’est en 1932 que fut créée la Fédération du commonwealth fédératif. Les deux organisations défendirent les droits des travailleurs et furent d’ardentes critiques du capitalisme. La Fédération du commonwealth fédératif devint finalement le Nouveau parti démocratique.
  • La négociation collective fut reconnue pour la première fois en 1937, consécutivement à une grève menée par les Travailleurs unis de l’automobile à l’usine de General Motors à Oshawa (Ontario).
  • Faisant suite à une grève à Windsor (Ontario) à laquelle participèrent 17 000 travailleurs, le juge Ivan Rand rendit un verdict qui marqua le syndicalisme. En effet, dans son verdict, le juge octroya au syndicat le droit de percevoir une cotisation obligatoire. Le juge Rand estima que puisque l’ensemble des travailleurs faisant partie d’une table de négociation bénéficiait des avantages obtenus par les négociations syndicales, qu’ils devraient tous payer une cotisation, bien qu’ils ne soient pas obligés d’être membre à part entière du syndicat.
  • La période qui suivit la Deuxième Guerre mondiale connut également une croissance de la syndicalisation dans la fonction publique. Les instituteurs, infirmières, travailleurs sociaux, professeurs et travailleurs du secteur de la culture (ceux à l’emploi des musées, orchestres et galeries d’art) voulurent acquérir le droit de mener des négociations collectives dans le secteur privé.
  • La situation économique des années 1970 mit le gouvernement fédéral sous pression. Ce dernier dut prendre des mesures pour limiter les coûts du travail et l’inflation. En 1975, le gouvernement libéral de Pierre E. Trudeau introduisit un contrôle des prix et des salaires. En vertu de cette nouvelle loi, les augmentations salariales furent l’objet d’un monitorage par le gouvernement qui limita celles qu’il considéra comme trop importantes.
  • Les syndicats continuèrent à faire face à des pressions tout au long des années 1980 et 1990. Les syndicats du secteur privé ont durent intervenir lors de nombreuses fermetures d’usines, à des demandes de réductions de salaire et d’amélioration de productivité. Les syndicats du secteur public ont subi les attaques des gouvernements provinciaux et fédéral lorsque ces derniers tentèrent de réduire leurs dépenses, tout en réduisant les taxes et équilibrant les budgets. De nombreuses autorités votèrent des lois revenant sur le droit de négociation collective et de nombreux emplois furent perdus et allèrent aux sous-traitants.

 

 

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